patrimoine-1Sainte Apolline, patronne de notre clocher, est originaire d’Alexandrie, grande cité égyptienne sur le bord de la Méditerranée fondée par Alexandre le Grand, trois siècles avant notre ère. Au milieu de la corruption générale, car Alexandrie était surtout un port rayonnant sur le pourtour méditerranéen, Apolline passait pour un modèle de vertu et de modestie chrétienne. En l’an 248, une persécution sanglante éclata dans la cité et la fureur contre les chrétiens ne connut point de bornes. L’époque était rude car l’Égypte constituait un protectorat romain que les empereurs n’hésitaient pas à piller et à saccager régulièrement ;  de plus, la progression de cette nouvelle religion constituait un danger inacceptable à leurs yeux au point qu’il faudra attendre l’an 311 pour que le christianisme y soit toléré et Alexandrie reconnue, avec Constantinople et Antioche, comme l’une des capitales de l’empire romain chrétien d’Orient.

Mais revenons à l’année 248 durant laquelle on pilla les maisons et on exerça contre les personnes les plus horribles violences  ;  Apolline déjà avancée en âge, loin de prendre la fuite, demeura toujours à Alexandrie sans craindre la perte de ses biens ni de sa vie et un jour elle fut arrêtée. Ses bourreaux la frappèrent  très violemment, lui rompant la mâchoire et les dents puis ils la menacèrent de la jeter dans un feu si elle renonçait à sa foi. Apolline demanda quelques instants de réflexion et profitant de leur inattention, elle se jeta dans les flammes au grand étonnement de ses tortionnaires stupéfaits de voir une femme plus hardie et plus prompte à souffrir la mort qu’eux-mêmes à la lui faire endurer. Bientôt son corps fut dévoré par les flammes et son âme généreuse et pure s’envola dans les cieux le 9 février 249.

L’ Église l’a admise parmi ses martyrs et Ste Apolline est regardée par la dévotion populaire comme un recours contre le mal de dents certainement à cause du premier supplice qu’elle a enduré ; ensuite elles est devenue la patronne des dentistes.

Pour nous, gens de Isques, une question demeure toujours en suspens : pour quelle raison notre église, consacrée à l’origine à St Wulmer (  vers 1060 )  le fût à Ste Apolline lors de sa reconstruction en 1660 ? Dans le répertoire officiel des Bâtiments de France, l’église de Isques est toujours appelée église St Wulmer !

Un tableau de Ste Apolline se trouve dans le fond  à gauche en entrant. Traditionnellement la Sainte Apolline est fêtée le samedi qui suit avec une messe animée par la chorale des paroisses associées suivie d’un repas à la salle paroissiale, préparé et servi par l’équipe de vie locale.

Extrait de la vie des saints ; commentaires de Roger Sailly – EVL de Isques

egliseUne paroisse sans cure ni presbytère mais bien vivante depuis neuf siècles

L’une des premières mentions historiques de l’existence du village de Isques ( Iseca ou Iseke) concerne son église qui fut donnée au chapitre de la cathédrale de Thérouanne en 1069. elle ne sortit jamais de ce patronage dont les chanoines de Boulogne jouissaient encore en 1790.
Après le départ de J.P. Framery qui exerça son ministère sous la Révolution, la cure d’Isques fut supprimée.
A l’origine, ne devait vraisemblablement exister que la chapelle d’un château fort défendu par un bras de Liane et dont la tête de pont est l’actuel manoir d’Isques.
Consacrée à St Wulmer et à Ste Apolline qui est représentée dans un tableau au fond de l’édifice, l’église fut détruite par les anglais au cours de la Guerre de 100 ans et reconstruite en 1440 par Pierre, Seigneur d’Isque.eglise2
Si le chœur de l’église date du 15ème, le plafond actuel cache une belle charpente du 16ème et les fonds baptismaux datent en revanche du 12ème siècle ; elle fut de nouveau réparée en 1666, par la famille d’Isque, une plaque apposée le 8 mai 2005 par leurs descendants allemands l’atteste. Il ne reste donc que peu de traces de l’antique construction sinon la différence de conception entre le chœur – chapelle du château ? – et la partie basse plus actuelle.
Le campenard de grès à double arcade en plein cintre qui domine le pignon ouest ne comporte qu’une seul cloche – Rose Léonide – fondue en 1851 sous le pontificat du pape Pie IX, ses parrain et marraine étant Jean Baptiste et Rose de la Gorgue.
En 1991, une grande opération de réhabilitation intérieure s’est déroulée durant plusieurs mois sous l’impulsion de M. Arnaud d’Argentré avec l’aide de très nombreux bénévoles pour donner à l’intérieur de l’ édifice sa belle allure actuelle.
Une nouvelle page est venue s’ajouter avec d’importants travaux de rénovation extérieure – toiture en un seul tenant en ardoises, pierres rejointoyées, vitraux redressés et réparés, cloche électrifiée, porte changée avec ouverture électrique – réalisés entre octobre 2006 et juin 2007 sous l’impulsion de J.P. Gobert maire de la commune avec des aides du conseil régional, du conseil général etc…le curé en charge du clocher étant alors l’abbé Raymond Forestier. Roger Sailly